{"id":3083,"date":"2020-09-15T14:56:44","date_gmt":"2020-09-15T12:56:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.european-arachnology.org\/wdp\/?p=3083"},"modified":"2020-09-15T14:56:44","modified_gmt":"2020-09-15T12:56:44","slug":"spider-of-the-year-2020-fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/?p=3083","title":{"rendered":"Spider of the year 2020 &#8211; FR"},"content":{"rendered":"<h4>Araign\u00e9e de l\u2019ann\u00e9e 2020<\/h4>\n<p>Araign\u00e9e radeau &#8211;<em> Dolomedes fimbriatus<\/em> (Clerck, 1757)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;araign\u00e9e radeau, <em>Dolomedes fimbriatus<\/em> (Clerck, 1757), appartient \u00e0 la famille des araign\u00e9es \u00e0 toile pouponni\u00e8re (Pisauridae). Dans le monde, cette famille compte 353 esp\u00e8ces avec 7 pr\u00e9sentes en Europe dont 2 dans le genre <em>Dolomedes<\/em>: <em>D. fimbriatus<\/em> et <em>D. plantarius<\/em> (Clerck, 1757).<\/p>\n<p>L&#8217;araign\u00e9e radeau a une distribution pal\u00e9arctique. En Europe centrale, elle se rencontre principalement des plaines aux collines (jusqu&#8217;\u00e0 800m d&#8217;altitude), avec des records jusqu&#8217;\u00e0 1250m d&#8217;altitude en Autriche, pouvant \u00eatre abondante dans certains milieux. Suite \u00e0 la destruction de bon nombre de ses habitats pr\u00e9f\u00e9rentiels (landes et zones humides), elle est devenue plus rare, bien qu\u2018elle ne soit pas consid\u00e9r\u00e9e comme menac\u00e9e. En raison du changement climatique, il est probable qu&#8217;\u00e0 l&#8217;avenir, elle soit plac\u00e9e dans la cat\u00e9gorie des esp\u00e8ces en voie de disparition.<\/p>\n<p>Avec une longueur de corps de 15-22 mm chez les femelles et de 10-13 mm chez les m\u00e2les, l&#8217;araign\u00e9e radeau est l&#8217;une des plus grandes esp\u00e8ces europ\u00e9ennes. Le corps, d\u2019allure assez trapue, pr\u00e9sente une coloration de base de brun jaune \u00e0 brun noir\u00e2tre (chez les juv\u00e9niles de verd\u00e2tre \u00e0 olive) avec g\u00e9n\u00e9ralement deux bandes p\u00e2les s\u2019\u00e9tendant sur les bords du c\u00e9phalothorax et de l&#8217;abdomen (bien que pas toujours pr\u00e9sentes).<\/p>\n<p>Cette dolom\u00e8de affectionne les rives de plans d&#8217;eau stagnante ou s&#8217;\u00e9coulant lentement, dans des landes, des prairies humides ou encore des for\u00eats gorg\u00e9es d&#8217;eau. Elle capture ses proies sans utiliser de toile, pr\u00e8s des plantes, \u00e0 l\u2018aff\u00fbt d\u2018insectes aquatiques, de t\u00eatards ou de petits poissons. Pour chasser <em>D. fimbriatus<\/em> se d\u00e9place habilement \u00e0 la surface de l&#8217;eau, restant en tension superficielle au-dessus gr\u00e2ce \u00e0 ses \u00e9paisses couches de soies ; celles qui sont situ\u00e9es \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 des pattes en particulier la renseignent sur les mouvements des proies sous l\u2019eau. Lorsqu&#8217;elle en a ressenti une, elle plonge pour l\u2019attraper, comportement qu\u2019elle peut aussi adopter en cas de danger. Pendant la plong\u00e9e, une bulle d&#8217;air se forme autour du corps, qui dispara\u00eet quand l\u2018araign\u00e9e remonte en surface laissant ainsi un individu \u00e9mergent d\u2019aspect sec.<\/p>\n<p>L&#8217;accouplement a g\u00e9n\u00e9ralement lieu en mai ou juin, la p\u00e9riode de ponte d\u00e9butant vers la fin du mois de juin. Les oeufs sont contenus dans un cocon de soie blanch\u00e2tre d\u2018environ 1cm de diam\u00e8tre (contenant jusqu&#8217;\u00e0 1000 \u0153ufs), cocon qui est constamment port\u00e9 par la femelle \u00e0 l&#8217;aide de ses pi\u00e8ces buccales (et non attach\u00e9 aux fili\u00e8res comme chez les araign\u00e9es-loups!). Peu avant l&#8217;\u00e9closion, le cocon est suspendu dans la v\u00e9g\u00e9tation pr\u00e8s du bord de l&#8217;eau, entour\u00e9 de fils de soie formant une sorte de d\u00f4me appel\u00e9 toile pouponni\u00e8re, et gard\u00e9 par la femelle contre les pr\u00e9dateurs \u00e9ventuels. Plus tardivement dans la saison estivale, une nouvelle ponte peut avoir lieu, mais avec un nombre plus r\u00e9duit d&#8217;\u0153ufs. Le d\u00e9veloppement de ces araign\u00e9es dure apparemment deux ans. Ils hivernent g\u00e9n\u00e9ralement en tant que subadultes et muent ensuite jusqu&#8217;\u00e0 la maturit\u00e9 sexuelle d\u00e9but mai. <em>Dolomedes fimbriatus<\/em> est pr\u00e9sent presque toute l&#8217;ann\u00e9e et peut \u00eatre observ\u00e9 assez facilement de mars \u00e0 octobre, en particulier les femelles; la p\u00e9riode d&#8217;activit\u00e9 principale des m\u00e2les s&#8217;\u00e9tendrait de mai \u00e0 ao\u00fbt, au moins pour ceux qui vivent plus d&#8217;un an.<\/p>\n<p>En Europe (centrale), il existe une autre esp\u00e8ce, <em>Dolomedes plantarius,<\/em> d&#8217;aspect (g\u00e9n\u00e9ralement sans rayures p\u00e2les), de taille (longueur du corps des m\u00e2les 10-16 mm \/ femelles 13-20 mm) et \u00e9galement d\u2018habitat similaires, avec n\u00e9anmoins une pr\u00e9f\u00e9rence pour les grands lacs et les landes. Cette esp\u00e8ce semble encore plus \u00e9troitement attach\u00e9e \u00e0 l&#8217;eau et recherche des rives ouvertes ensoleill\u00e9es pour sa reproduction. <em>D. plantarius<\/em> est principalement rencontr\u00e9e d&#8217;avril \u00e0 ao\u00fbt, les femelles visibles jusqu&#8217;en septembre. G\u00e9n\u00e9ralement, cette esp\u00e8ce ne se trouve que rarement. Une identification d\u00e9finitive n&#8217;est cependant possible qu&#8217;\u00e0 partir des caract\u00e8res g\u00e9nitaux.<\/p>\n<p>Pourquoi ce choix de l&#8217;araign\u00e9e radeau comme araign\u00e9e europ\u00e9enne de l&#8217;ann\u00e9e? Tout d\u2019abord, cette esp\u00e8ce est l&#8217;une des plus grandes araign\u00e9es europ\u00e9ennes, facilement visible sur les rives des lacs et des rivi\u00e8res; de plus elle montre \u00e9galement des adaptations remarquables \u00e0 cet habitat, qui est malheureusement de plus en plus perturb\u00e9. L&#8217;esp\u00e8ce est particuli\u00e8rement menac\u00e9e par les travaux de construction sur les berges, l&#8217;\u00e9limination des roseli\u00e8res et des n\u00e9nuphars, l&#8217;ass\u00e8chement des landes et la r\u00e9duction de la taille des milieux humides appropri\u00e9s.<\/p>\n<p>Donc le choix de cette araign\u00e9e pour l\u2019ann\u00e9e 2020, permet non seulement de continuer l\u2019acquisition de connaissances sur un groupe zoologique \u00abimpopulaire\u00bb, mais \u00e9galement de faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des habitats menac\u00e9s. Dans le m\u00eame temps, les scientifiques esp\u00e8rent obtenir des donn\u00e9es actuelles sur sa distribution. En ce sens, profitez de cette d\u00e9couverte de l&#8217;araign\u00e9e de l&#8217;ann\u00e9e et aidez-nous avec vos informations de localit\u00e9s ou avec une photo pour documenter cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>L\u2019araign\u00e9e europ\u00e9enne de l\u2019ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 choisie par 83 arachnologues de 26 pays europ\u00e9ens. La coordination est assur\u00e9e par le Mus\u00e9e d&#8217;histoire naturelle de Vienne, en collaboration avec l&#8217;Arachnologische Gesellschaft (AraGes) et la Soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne d&#8217;arachnologie (ESA).<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Christoph H\u00f6rweg &amp; Christine Rollard<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Araign\u00e9e de l\u2019ann\u00e9e 2020<\/p>\n<p>Araign\u00e9e radeau &#8211;<em> Dolomedes fimbriatus<\/em> (Clerck, 1757)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;araign\u00e9e radeau, <em>Dolomedes fimbriatus<\/em> (Clerck, 1757), appartient \u00e0 la famille des araign\u00e9es \u00e0 toile pouponni\u00e8re (Pisauridae). Dans le monde, cette famille compte 353 esp\u00e8ces avec 7 pr\u00e9sentes en Europe dont 2 dans le genre <em>Dolomedes<\/em>: <em>D.<\/em><\/p>\n<p><span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span><\/p>\n<div class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/?p=3083\">Read more &#8250;<\/a><\/div>\n<p><!-- end of .read-more --><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[114],"tags":[],"class_list":["post-3083","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-spider_of_the_year_2020"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3083","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3083"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3083\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3084,"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3083\/revisions\/3084"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3083"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3083"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-arachnology.org\/esa\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3083"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}